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D'un rêve de jeunesse au bénévolat pour les Jeux olympiques!

Mes premiers souvenirs olympiques remontent à 1984 : Gaétan Boucher remportant deux médailles d’or et une de bronze à Sarajevo, Sylvie Bernier décrochant l’or en plongeon à Los Angeles, et — gravé dans ma mémoire pour toujours — un homme en combinaison d’astronaute s’envolant dans les airs lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux d’été.


Je ne sais pas si c’est le côté futuriste de cette image qui m’a marqué, mais à partir de ce jour‑là, les Jeux olympiques ont représenté, à mes yeux, la grandeur et l’extraordinaire capacité humaine à se surpasser.


Lorsque les Jeux de Séoul de 1988 sont arrivés, mon obsession n’avait fait que grandir. Chaque matin, ma prof de math — qui était aussi notre prof d’éducation physique — commençait le cours par un résumé de tout ce que nous avions manqué pendant la nuit. Un matin en particulier reste gravé dans ma mémoire : celui où elle nous a expliqué que Ben Johnson avait été déchu de sa médaille d’or moins de 24 heures après que nous ayons tous célébré sa victoire (et son record du monde) au 100 mètres. Des moments comme celui‑là confirment que les Jeux et moi, c’est une longue histoire.


Je sais que le mouvement olympique a fait l’objet de nombreuses critiques. J’ai souvent entendu des gens dire : « Les Jeux olympiques, ce n’est pas pour les athlètes, c’est pour l’argent et la politique. » Et pourtant, tous les deux ans, je choisis de mettre les controverses de côté et de me laisser porter par la magie. J’encourage quiconque porte l’uniforme canadien, je soutiens les outsiders de n’importe quel pays et je me laisse emporter par la quête de records qui semblent impossibles à battre.


Enfant, je rêvais d’être olympienne — de me tenir au sommet du podium pendant que l’hymne canadien retentissait pour moi. Mais c’était davantage un fantasme qu’un véritable rêve. À part quelques étés de natation compétitive à petite échelle entre 12 et 14 ans, je n’ai jamais sérieusement pratiqué de sport en dehors des cours d’éducation physique. Difficile de se rendre aux Jeux olympiques quand on ne pratique même pas un sport. Bien sûr, on peut acheter un billet d’avion, assister à une épreuve et s’en contenter. Mais je ne rêvais pas seulement regarder les Jeux — je voulais les vivre, ressentir leur énergie, faire partie du cœur des jeux. Et puis, j’ai eu une révélation : je pourrais être bénévole! Et, juste comme ça, ma liste de rêves s’est dotée d’un nouvel objectif incontesté en première position : être bénévole aux Jeux olympiques.


J’ai d’abord jeté mon dévolu sur Paris 2024. Comparée à Beijing (2022) ou Rio (2016), Paris semblait pratiquement à côté, et le fait que le français y soit la langue principale rendait l’idée encore plus parfaite. Il n’y avait qu’un seul problème : je servais encore à temps plein dans les Forces armées. J’aurais pu prendre deux ou trois semaines de congé, mais cela aurait signifié sacrifier de précieuses vacances avec mes filles. J’ai donc pris une décision : être bénévole aux Jeux deviendrait mon premier grand objectif de retraite.


J’ai soumis ma demande de libération des Forces armées canadiennes le 17 février 2025 et, cinq jours plus tard, j’ai découvert le portail Team26 Milano‑Cortina et posé ma candidature comme bénévole.


Le processus de candidature — Étape 1 : Le formulaire


La première étape pour devenir bénévole olympique consiste à remplir un long formulaire mais assez simple. En plus des renseignements habituels — nom, âge, profession, langues parlées — on y demande votre expérience en sport, en organisation d’événements et en bénévolat. Parmi les questions :


  • Avez‑vous déjà fait partie d’une équipe dans votre temps libre, au travail ou à l’école? Si oui, combien de personnes en faisaient partie?

  • Décrivez cette expérience — votre rôle, le contexte et votre contribution.

  • Avez‑vous fait du bénévolat dans des contextes non sportifs?

  • Avez‑vous fait du bénévolat lors d’événements sportifs?

  • Quel était votre domaine d’activité?

  • Pour quels événements avez‑vous été bénévole?


Après cette section — de loin la plus longue à répondre— le formulaire vous demandait de préciser :


  • Dans quelle ville souhaitez‑vous être bénévole?

  • Pour quel sport préférez‑vous faire du bénévolat?

  • Quelle est votre disponibilité?


Pour mon mari (qui avait décidé de se joindre à moi dans cette aventure) et moi, le choix de la ville était évident : Milan. Nous l’avons choisie parce qu’elle est plus facile d’accès et beaucoup plus simple pour trouver un logement (les bénévoles doivent assumer leurs frais de déplacement et d’hébergement). Milan est bien plus accessible que Cortina ou Bormio, nichées dans les Dolomites.


Nous avons aussi choisi Milan parce qu’elle accueillerait le hockey sur glace, mon sport d’hiver préféré. Le hockey était donc naturellement notre premier choix de sport où nous voulions faire du bénévolat. Enfin, j’ai indiqué être disponible pendant toute la durée des Jeux — et même jusqu’à deux semaines avant, si nécessaire. (La beauté de la vie de retraitée!)


C’était tout pour l’étape 1. J’ai soumis mon formulaire le 22 avril 2025, et mon mari le sien, trois jours plus tard. Puis l’attente a commencé.


Le hockey sur glace


Avant d'en écrire d'avantage sur le processus de candidature, je veux expliquer pourquoi j’ai choisi le hockey comme sport préféré. Depuis toujours, j’aime le hockey : la vitesse, l’énergie, le son des lames qui mordent dans la glace fraîche; je suis Québécoise après tout! En grandissant, la seule option de patinage qui m'était offerte était le patinage artistique, alors j’ai appris les piqués et les virages élégants plutôt que les pivots serrés et les départs explosifs. Les deux styles semblaient appartenir à des mondes différents. Et puis, les filles ne jouaient pas au hockey à Beauceville en 1980! Difficile à croire quand on sait que Beauceville est aujourd’hui la ville natale de la meilleure joueuse de hockey de tous les temps — j’y reviendrai.


Au début de la vingtaine, j’ai finalement trouvé le courage de m’inscrire à une ligue féminine de hockey. J’ai acheté ma première paire de patins de hockey — que j’admirais comme une voiture neuve. Mais dès que j’ai mis le pied sur la glace, la réalité m’a frappée. Les autres femmes étaient plus rapides, plus confiantes, plus à l’aise dans chaque exercice. Je me sentais à des kilomètres derrière. Découragée et gênée, j’ai abandonné avant même d’avoir la chance de devenir la joueuse que j’aurais pu être. Avec le recul, je crois que je n’avais tout simplement pas la discipline, ni la détermination acharnée nécessaire, pour vraiment devenir hockeyeuse.


Cela dit, j’ai toujours aimé le hockey. J’adore le regarder — surtout lorsqu’une médaille d’or olympique est en jeu. Mon enthousiasme a explosé en 1998 lorsque le hockey féminin est enfin devenu un sport olympique, un moment qui semblait attendu depuis longtemps. Ce même enthousiasme a atteint un nouveau sommet en 2010 lorsqu’une jeune athlète nommée Marie‑Philip Poulin (MPP) est devenue la première olympienne de ma ville natale.


MPP — La fierté de Beauceville!


Il existe une forme très particulière de fierté lorsqu’une personne de votre ville natale atteint la scène mondiale. Ce n’est pas seulement de l’admiration; c’est quelque chose de plus profond, de plus intime. Quand Marie‑Philip Poulin a commencé son parcours olympique en 2010, ce n’était pas seulement qu’elle avait marqué le but gagnant pour le Canada, c’était qu’elle était ''une petite fille de Beauceville'', comme moi!. Quelqu’un qui avait appris à patiner dans la même patinoire que moi, vingt ans après moi. Marie‑Philip n’est pas seulement un nom familier de chez nous — c’est quelqu’un que mes parents connaissent. Il y a des années, alors qu’elle pratiquait le hockey et le golf, mon père faisait du bénévolat pour transporter de jeunes golfeurs à leurs tournois, et elle était parfois dans sa voiture.


Dans ma maison à Kingston, en Ontario, est accroché à un mur, le chandail de l’équipe féminine de hockey des Jeux de Sotchi 2014, signé par toute l’équipe. C’est un cadeau de Marie‑Philip Poulin à mon père, qui était président du conseil d’administration de CAMBI,

l’un des premiers commanditaires corporatifs de MPP.


Les victoires de Marie‑Philip ont toujours eu pour moi un goût de victoire commune, un rappel que la grandeur peut naître exactement là où vous avez grandi. C’est le genre de moment qui serre la poitrine, parce que soudain, la petite ville que vous trouviez ordinaire devient le berceau d’une légende.


Le fait que j’aime déjà le hockey, combiné au fait que MPP sera la capitaine de l’équipe féminine canadienne, faisait du hockey sur glace un choix évident pour le sport dans lequel je voulais être bénévole aux olympiques. Et puis, les joueurs de la LNH sont enfin de retour!


Le processus de candidature — Étape 2 : L’entrevue


Le 1er avril 2025, j’ai enfin reçu ma première bonne nouvelle : une invitation à passer à l’étape de l’entrevue. J’ai réservé une plage horaire trois jours plus tard : le 4 avril à 08 h 30 (HNE). Mon mari, qui s’était inscrit seulement trois jours après moi, a lui aussi reçu une invitation… mais son entrevue était prévue dix semaines plus tard. S’il existe une preuve que postuler tôt est un avantage, c’est bien celle‑là.


L’entrevue elle‑même était simple — essentiellement une confirmation verbale de tout ce que j’avais déjà écrit dans mon formulaire en ligne, comme s’ils voulaient simplement s’assurer que je n’avais rien exagéré. J’ai été interviewée en même temps que deux autres candidats : un homme de mon âge, des États‑Unis, passionné de ski alpin et déjà bénévole lors de Jeux précédents, et un jeune homme du Royaume‑Uni vivant maintenant en Allemagne. Tous deux ont mentionné vouloir être bénévoles à Milan, spécifiquement en hockey sur glace. Entendre que nous visions tous les trois le même sport était un peu décourageant; la compétition devenait soudain très réelle. Je suis sortie de l’entrevue confiante, mais sans aucune certitude quant à mes chances.


Et puis, la vraie attente a commencé…


À suivre dans la Partie 2 (à publier au plus tard le 20 janvier 2026).

 
 
 

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