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Guérison à la maison (Partie 8)

Aug 21
5 min read

Updated: Aug 24



Après un trajet confortable dans le camion de Rick, nous sommes arrivés à la maison vers l’heure du lunch, le lundi 3 août. Environ trente minutes avant notre arrivée, j’avais envoyé un message à nos voisins, Kevin et Diane, qui étaient restés chez nous pendant notre absence (voir partie 3). Je ne voulais pas leur écrire plus tôt, de peur de gâcher leur célébration, en les inquiétant inutilement. Après Rick, ils ont été les premiers à entendre parler de l’accident de vive voix. En racontant les événements, et surtout comment Dave demandait des mes nouvelles dans les premières heures, des larmes ont commencé à couler des sur les joues de Diane. C’est peut‑être à ce moment‑là que j’ai vraiment réalisé la charge émotionnelle de ce qui s’était passé; jusque‑là, l’adrénaline m’avait empêchée de ressentir pleinement les choses.


Les voisins ont été extraordinaires, comme toujours. Ils ont répété que si nous avions besoin de quoi que ce soit (cuisine, ménage, transport, etc.) ils seraient heureux de nous aider. J’ai expliqué que j’étais relativement indemne et que je devrais m’en sortir. Cela dit, sachant qu’elle avait organisé une grande réunion familiale le week‑end précédent, j’ai dit à Diane que je prendrais volontiers des restes de cuisine. Notre frigo était vide, et je n’avais aucune envie d’aller à l’épicerie en douleur et couverte de bandages. Diane étant Diane, elle était ravie d’offrir sa délicieuse nourriture. (Elle a été cuisinière dans la Marine Canadienne. Si vous savez, vous savez !)


Armés avec la nourriture de Diane, nous n’avons pas eu à quitter la maison du tout ce premier jour. En fin d’après‑midi, nous avons reçu un appel de l’organisation chargée des pansements de Dave. Ils ont expliqué que, puisque c’était après les heures normales un lundi férié, quelqu’un viendrait à la maison pour changer les pansements, mais que les visites suivantes devraient se faire en clinique. Chris, l’infirmier assigné à Dave ce soir‑là, est arrivé vers 20 h 30. Il était sympathique et très bavard. Sympathique mais un peu masochiste, dirait Dave; alors que l’infirmière de Sunnybrook prenait cinq minutes pour retirer délicatement un pansement, Chris arrachait le même type de pansement en moins de dix secondes. En plus, Chris jurait par le pouvoir de guérison de l’iode et s’assurait d’en saturer les plaies de Dave avant d’appliquer de nouveaux pansements. Inutile de dire que ce fut une expérience très douloureuse pour Dave.


Chris nous a quittés avec une bonne nouvelle : Dave aura droit à des soins à domicile pour ses pansements. Étant donné le niveau de douleur qu’il ressentait en bougeant, Dave était ravi. Sa joie a été anéantie le lendemain lorsque CBI Health (l’organisation de soins à domicile) a appelé pour dire qu’il y avait eu une mauvaise communication. Tant qu’il pouvait marcher et que quelqu’un pouvait le conduire, il devrait se rendre à la clinique tous les trois jours. Ainsi soit‑il.


De mon côté, j’avais été libéré de l'hôpital avec quelques pansements de surplus et un « bonne chance ». Changer les pansements sur mes coudes était un peu compliqué, mais je m’en suis sortie. J’ai commandé plus de pansements sur Amazon, et un coin de notre salon s’est transformé en armoire d’hôpital. Je ne sais pas si c’était mon manque de formation en auto‑soins ou simplement la réalité des brûlures de friction, mais chaque fois que je changeais mes pansements, cela faisait du bien au début… puis ça se mettait à démanger terriblement moins de deux heures plus tard. Alors je les changeais encore, et encore… Heureusement, j’avais l’impression d’avoir une réserve de pansements à vie dans mon salon.

Mon genou droit avec les bandages enlevés (jour #3) .
Mon genou droit avec les bandages enlevés (jour #3) .

Pendant les premiers jours, j’ai dû gérer la douleur avec des antidouleurs, mais je m’en suis sevrée assez rapidement, sauf lorsque mon mal de poitrine se manifestait. Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais j’avais commencé à avoir mal au sternum à l’urgence (c’est pourquoi j’ai passé un scan). Eh bien, cette douleur est toujours là. Une semaine après l’accident, alors que mes filles étaient en visite, j’ai découvert que rire déclenchait cette douleur. Nous adorons jouer à Scattergories, et l’imagination déborde dans notre clan. Nous rions toujours des réponses farfelues que mes filles inventent (des réponses qui ne valent des points qu’avec une imagination très, très fertile). C’était hilarant, mais nous avons dû arrêter de jouer parce que rire me provoquait une douleur aiguë au sternum. Autre déclencheur : le hoquet. Dans les deux cas, j’ai absolument besoin d’acétaminophène pour calmer l’inconfort. Comme le scan n’a rien révélé d’inquiétant, je n’ai pas consulté pour cette douleur. Si elle persiste plus d’un mois, j’en parlerai à mon médecin de famille.


La première semaine de Dave à la maison a été… douloureuse. Il a continué à prendre du célécoxib et de l’acétaminophène pour l’inflammation, et ne prenait la morphine que juste avant d’aller à la clinique pour le changement de pansements. La nuit, lorsque les médicaments cessaient de faire effet vers 2 h du matin, il se réveillait en douleur, et sa nuit était terminée. Il se levait, prenait ses pilules, et s’installait prudemment sur le sofa. Il a passé la semaine à somnoler par intermittence, à manger sur le sofa, et à ne sortir que pour les soins de plaies tous les trois jours. Ses côtes cassées ne le dérangeaient pas trop, sauf lorsqu’il éternuait, ce qui le plongeait dans une douleur atroce qu’il exprimait par un long gémissement. (C’est encore le cas aujourd’hui, trois semaines après l’accident.)


Après cette première semaine, les choses ont commencé à s’améliorer. Dave pouvait monter les escaliers un pied à la fois et se déplacer avec une douleur limitée. Cela dit, exactement deux semaines après l’accident, un large blue (de la taille d’une boîte de mouchoirs) est apparue sur sa hanche droite. Après l’apparition de la contusion, j’ai frappé un nid‑de‑poule en le conduisant à la clinique, ce qui lui a arraché un cri de douleur. Pendant les deux jours suivants, Dave a eu l’impression que sa guérison reculait et a dit que c’étaient les jours les plus douloureux depuis son retour à la maison. Le soir du nid‑de‑poule, une grosse bosse (deux fois la taille d’une balle de tennis) est apparue au‑dessus du bleu. Lorsque Dave l’a montrée à sa médecin, elle a craint qu’un déplacement interne ait été causé par le choc et a ordonné une radiographie. Si « pas de nouvelles = bonnes nouvelles » s’applique, ce ne doit pas être grave, car nous n’avons rien entendu depuis la radiographie. La bosse est toujours là mais la douleur à grandement diminunée alors nous prenons cela comme une bonne nouvelle.


A suivre.


 
 
 

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