L'assurance, la moto et de bonnes nouvelles (Partie 9)
Pour ceux qui se demandent ce qu’il adviendra de la moto, nous ne le savons toujours pas. Si vous vous souvenez, nous avions essayé de la retrouver lorsque nous étions encore à Toronto, sans succès. Le premier jour ouvrable après l’accident, nous avons enfin reçu un appel de l’agent de police présent sur les lieux. Il nous a dit que la moto avait été mise en fourrière sur la rue Lepage, à Toronto. Malheureusement, c’est tout ce que nous avons appris ce jour‑là. L’agent a expliqué qu’ils devaient encore examiner les images des caméras de l’autoroute pour tenter d’identifier le conducteur qui nous a frappés, mais il ne semblait pas très optimiste. Maintenant que nous savions où se trouvait la moto, nous devions transmettre l’information à notre compagnie d’assurance pour obtenir des instructions, et nous devions aussi récupérer nos effets personnels restés sur la moto.
La compagnie d’assurance nous a demandé de nous rendre à la fourrière dès que possible afin de signer les documents permettant de leur remettre la moto pour évaluation (afin de déterminer s’ils pourraient la réparer ou s’ils nous verseraient sa valeur actuelle). Nous étions mardi, et il était trop tôt pour laisser Dave seul, alors j’ai décidé d’y aller le jeudi. En même temps, j'ai ramené ma fille Ann après sa visite chez nous. Le trajet n’a pas été sans défis : je devais prendre ma voiture électrique à faible autonomie, et la fourrière se trouvait juste à côté du Rogers Stadium, où un spectacle avait lieu ce soir‑là, transformant un trajet de trois heures en un périple de six heures.
Lorsque j’ai enfin atteint la moto, j’ai été vraiment surprise : elle était beaucoup moins endommagée que je l’avais imaginé. Quelque chose me disait qu’elle était peut‑être encore fonctionnelle et que la plupart des dommages étaient cosmétiques. J’étais étonnée, car je me souvenais très clairement de plusieurs pièces volant en éclats lorsque je l’avais vue glisser devant moi pendant l’accident.

La partie centrale de la moto (le moteur et les composants mécaniques) était intacte. Elle brillait encore comme une moto de salle d’exposition. Je ne peux pas en dire autant de l’avant et de l’arrière de la moto. Le siège sur lequel j’étais assise était complètement détaché, tout comme le coffre qui y était fixé. La sacoche gauche était brisée en plusieurs morceaux. Un des phares avant s’était détaché de son socle. La plupart des barres de protection étaient profondément éraflées, tout comme le côté droit du devant de la moto. Dans l’ensemble, la moto n’avait pas l’air catastrophique, mais elle nécessiterait d’importantes réparations esthétiques. Sera‑t‑elle déclarée perte totale ? Difficile à dire. C’est une moto personnalisée, et plusieurs pièces pourraient être difficiles à trouver, réparer ou remplacer. L’assurance nous a dit que nous aurions des nouvelles dans deux à trois semaines.

L’autre tâche que j’avais à la fourrière était de récupérer nos effets personnels. J’avais la clé de la sacoche qui était restée sur la moto, donc cette partie a été facile : toutes mes affaires étaient intactes. J’ai ensuite ouvert le coffre, qui était vide ; tout ce qui s’y trouvait avait été placé dans un grand sac‑poubelle. Lorsque j’ai essayé de soulever le sac, il était extrêmement lourd, alors je l’ai ouvert pour découvrir qu’ils y avaient mis plusieurs pièces de la moto qui s’étaient détachées pendant l’accident. Dans le sac se trouvait aussi la plaque d’immatriculation, celle qui s’était envolée lorsque nous avons été percutés par l’arrière. (Ironiquement, c’est la plaque que l’agent de police croyait au départ provenir du véhicule qui nous avait frappés!)

Avant l’accident, je ne savais pas que les compagnies d’assurance divisent votre dossier en deux : le véhicule et la personne. La première représentante à qui nous avons parlé s’occupait de la partie véhicule et nous a dit qu’une autre personne communiquerait avec nous pour la réclamation personnelle/santé. Lorsque Dave a demandé si nous serions remboursés pour les vêtements que nous portions ce jour‑là et qui avaient été endommagés, elle a répondu que ce n’était pas couvert. À notre grande surprise, la deuxième représentante a confirmé que nous étions bel et bien couverts et que tout ce qui avait été abîmé dans l’accident serait remplacé. Il suffisait d’acheter un article de remplacement et de lui envoyer la facture.
Nous avons été stupéfaits par la rapidité de la compagnie d’assurance de la moto. C’était un contraste frappant avec notre assurance habitation, qui avait mis plus de deux mois à fournir une estimation après l’inondation de notre sous‑sol en mai dernier. Pour l’accident de moto, ils ont simplement demandé une liste des objets personnels endommagés et, dès que nous avons envoyé les reçus des articles de remplacement, ils nous ont remboursés… en quelques minutes. Ils ont aussi approuvé l’estimation de physio de Dave en moins d’une heure. Nous ne savons toujours pas ce qu’il adviendra de la moto, mais on nous a dit que cela pourrait prendre du temps.
Le jour où je suis allée à Toronto pour récupérer la moto, je suis retournée au même échange de maison où j’avais dormi la nuit suivant l’accident. Encore une fois, l’hôte a été incroyable : elle m’a invitée à souper, et nous avons eu une autre excellente conversation où je l’ai mise au courant de nos progrès de guérison. Je prévoyais déjeuner avec elle le lendemain matin, mais après m’être réveillée à 5 h 30 et incapable de me rendormir, j’ai décidé que la meilleure façon d’éviter l’heure de pointe était de partir tôt, ce que j’ai fait. Excellente décision!
Cela fait maintenant 22 jours depuis l’accident. J’ai encore de grandes plaques rouges sur mon genou gauche et mes coudes, où la peau a presque entièrement repoussé, et quelques gales sur les coudes qui ne sont pas encore guéries, mais je me sens presque comme neuve. Demain, le 23 Août, nous prenons l’avion pour l’Écosse afin de réaliser un des rêves de Dave : assister au Edinburgh Tattoo, le spectacle mondialement connu de cornemuses et tambours présenté dans un vieux château. Je ne suis pas vraiment fan des voyages estivaux en Europe (trop achalandés, trop chers, et je préfère largement les saisons intermédiaires d’avril‑mai ou octobre‑novembre). Cependant, le Tattoo n’a lieu qu’en août, donc nous n’avions pas le choix. Si c’est sur la liste, il faut y aller ! (Je parle de la bucket list, bien sûr.)
Un voyage en Écosse cet été, c’était mon idée. J’ai surpris Dave avec les billets d’avion lors de sa dernière journée de travail avant sa retraite. Après l’accident du 31 juillet, nous n’avions aucune idée si il serait en mesure de voyager. Même la semaine dernière, lorsque cette bosse est apparue sur sa hanche droite, j’avais de sérieux doutes. Mais les choses vont très bien maintenant. Les plaies de Dave ont beaucoup diminuées, et le suintement est minimal, ce qui est une bonne chose parce que c’est moi qui changera ses pansements en Europe. Sa hanche est encore enflée, mais la radiographie n’a montré aucun dommage aux os, et son physio a commencé une thérapie par ondes; la douleur semble diminuer un peu chaque jour. Inutile de dire que nous ne ferons ni randonnée, ni golf (qui était aussi sur la bucket list de Dave).
L’histoire des motocyclettes et moi touche presque à sa fin. Nous serons en Écosse pour un moment, et je ne prévois pas publier pendant notre absence. Je reviendrai pour un dernier chapitre (Partie 10) lorsque Dave sera guéri et que nous en saurons davantage sur l’avenir de la moto. Je suis aussi curieuse de voir si mon assurance de carte de crédit pour annulation de voyage fera son travail…
À suivre…


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