La route vers Milan - Mon histoire de bénévolat aux Olympiques -Partie 3
- Isabelle Morin
- Jan 16
- 7 min read
Updated: Feb 3
Le 5 décembre 2025, pendant une courte pause entre mes cours d’espagnol au Pérou (#2 sur ma liste de rêves), un courriel est apparu dans ma boîte de réception — un courriel lié à l’item tout en haut de cette même liste : être bénévole aux Jeux olympiques. L’objet disait : « Hourra! Vous avez obtenu un rôle! » Mon cœur a fait un bond. J’ai immédiatement ouvert le portail Team26 pour voir ce qui m’attendait.

La capture d’écran ci‑dessus représente toute l’information que j’ai reçue ce jour‑là. Pas de dates. Pas d’horaire. Aucun détail supplémentaire. Juste un choix simple : accepter ou refuser. Même avec si peu d’information, c’était énorme. J’avais été sélectionnée! J’allais faire partie des prochains Jeux olympiques. J’étais encore debout dans le corridor de l’école de langues, et pendant un instant j’ai vraiment envisagé d’interrompre le cours de Dave pour lui annoncer la nouvelle. Je me suis retenue. À l’heure du dîner, je l’ai vu s’approcher de moi avec le plus grand des sourires. « As‑tu vérifié tes courriels? » m’a‑t‑il demandé. J’ai souri à mon tour. « Toi aussi? » Oui — il avait reçu exactement les mêmes deux rôles.
Plus tard dans l’après‑midi, j’ai appelé Véronique pour lui annoncer la nouvelle et lui demander où en était sa candidature. Elle n’avait encore rien reçu. Elle revenait tout juste d’un voyage et n’avait pas terminé ses modules de Santé et Sécurité. Peut‑être que c’était la raison pour laquelle elle n’avait pas encore reçu de rôle, peut‑être pas, mais elle s’est immédiatement organisée pour compléter sa formation.
Aussi heureuse que j’étais de recevoir un rôle, il manquait quelque chose : des détails!
Patinage de vitesse : Longue piste ou courte piste? Quelle aréna? Quelles dates? Combien de quarts de travail?
San Siro : Quel événement? Serait‑ce la cérémonie d’ouverture?
En cliquant sur le petit « + » à côté de chaque rôle, je n’ai trouvé que des informations générales sur la formation que j’avais déjà complétée et une courte description du rôle :
« En tant que bénévole des Services aux Spectateurs, vous contribuez à créer un environnement accueillant et positif dont les spectateurs se souviendront toute leur vie. Vos tâches peuvent inclure : fournir de l’information, orienter les visiteurs, gérer les objets perdus et trouvés, et offrir du soutien à l’accès. »
Et puis cette phrase :
« Les horaires seront publiés en novembre 2025. » (Pour contexte : nous étions déjà le 6 décembre.)
Trois jours plus tard, les premiers vrais détails sont enfin arrivés. J’ai reçu mon horaire pour le patinage de vitesse : 11 quarts de travail à l’aréna de longue piste les 7, 8, 9, 11, 13, 14, 15, 17, 19, 20 et 21 février, chacun entre 7,5 et 8 heures. Toujours rien pour San Siro…
Le courriel expliquait que nous pouvions refuser jusqu’à trois quarts de travail. Notre priorité était d’être libres les 16 et 19 février, puisque nous avions déjà des billets pour le hockey féminin ces jours‑là. Nous étions tous les deux libres le 16, mais tous les deux assignés le 19 — donc nous avons refusé ce quart. Nos horaires étaient presque identiques, sauf que Dave n’avait pas de quart les 7, 14 et 21, et il en avait un le 12 que je n’avais pas. J’ai choisi de refuser mon quart du 14, car je ne voulais pas travailler trois jours de suite pendant que ma mère et Manon seraient à Milan. Au final, nous avons gardé le reste : 9 quarts pour moi, 8 pour Dave.
Les choses deviennent sérieuses
À la mi‑décembre, tout est devenu très concret. Nous avions de vrais rôles aux Jeux. Nous savions quand nous allions travailler et, surtout, où. Avec ces nouvelles informations, j’ai décidé de revoir nos plans d’hébergement. Comme mentionné dans la Partie 2, j’avais rapidement réservé un appartement une chambre avec divan‑lit à Monza, à environ 20 km des sites olympiques. Mais en calculant le trajet, la réalité m’a frappée : presque une heure de transport en commun, dans chaque direction. C’est beaucoup. Pendant presque une semaine, j’ai passé au moins deux heures par jour à fouiller Airbnb, VRBO et Booking.com, espérant qu’un appartement parfait et abordable apparaisse comme par magie. Spoiler : non. C’est alors que je me suis tournée vers une plateforme que j’avais déjà essayée — sans succès — mais cette fois avec une nouvelle stratégie.
Depuis quatre ans, je suis membre de Home Exchange (HE), une plateforme où l’on offre sa maison à d’autres membres en échange de points que l’on peut ensuite utiliser pour séjourner chez d'autres membres (s'ils acceptent). Je vous épargne les détails : je ne cherche pas à convaincre qui que ce soit de s’inscrire; je veux simplement expliquer comment HE est devenu une pièce importante de mon casse‑tête olympique. (Je ferai un post complet sur mon expérience dans l’économie du partage plus tard.)
J’avais déjà cherché un logement à Milan via HE, et contacté plusieurs hôtes, mais seulement pour la durée complète dont nous avions besoin (1er au 22 février). Rien n’était disponible. Cette fois, j’ai fouillé plus en profondeur. J’ai passé au peigne fin les calendriers de disponibilité de toutes les maisons situées à une distance raisonnable de l’aréna de patinage de vitesse. Au final, j’ai réussi à conclure deux échanges distincts :
1er au 11 février et 11 au 22 février. Les deux logements sont à moins de 30 minutes de l’aréna. Le second est assez grand pour accueillir ma mère et Manon, mais le premier n’est qu’un studio — elles ont donc réservé un Airbnb pour leurs trois premières nuits. Un petit casse‑tête, mais une solution bien meilleure que de faire la navette depuis Monza chaque jour.
Stade San Siro
Le matin à Milan correspond au milieu de la nuit en Ontario, donc il m’arrivait de me réveiller avec de nouveaux courriels de Team26. Le 18 décembre, j’en ai ouvert un qui m’a rendue à la fois enthousiaste et… perplexe. Il contenait mon horaire pour mon deuxième rôle : le Stade olympique de San Siro.

En regardant de près, j’ai remarqué quelque chose d’inquiétant : le quart du 6 février, chevauchait la cérémonie d’ouverture, pour laquelle nous avions déjà des billets. Que faire? Il n’y avait presque aucun détail sur le rôle, mais mon instinct me disait que c’était lié à la cérémonie d'ouverture. Et quoi que ce soit, je ne pouvais pas être à deux endroits en même temps. J’avais demandé à être bénévole au hockey… et je me retrouvais avec le patinage de vitesse et, possiblement, la cérémonie d’ouverture. Un revirement inattendu, mais il fallait maintenant choisir.
Dave et moi avons passé la journée à peser le pour et le contre. Le principal inconvénient était financier : si nous ne réussissions pas à revendre nos billets, nous perdrions une somme importante. Sur la plateforme officielle, on ne peut revendre qu’au prix payé (même pas moins cher), et il y a des frais de 10 %. Ailleurs, il faut faire confiance à un inconnu pour envoyer une grosse somme d’argent, et espérer qu’il nous fasse confiance pour transférer les billets ensuite. Pas exactement reposant. Bref, c’est possible, mais loin d’être garanti.
J’y ai réfléchi toute la journée, et tout me ramenait à la même idée : je voulais vivre les Jeux, pas seulement les regarder. Alors, le 19 décembre, j’ai mis nos deux billets pour la cérémonie d’ouverture en revente sur la plateforme officielle Milano‑Cortina, et j’ai croisé les doigts. À ce jour, ils sont toujours en vente.
Plus (+) de hockey
Avec ma mère et ma sœur qui se joignent à l’aventure, nous avons toutes acheté des billets pour le match préliminaire Canada vs États‑Unis en hockey féminin le 10 février. Ma mère réalisera enfin un rêve : voir Marie‑Philip Poulin jouer aux Jeux olympiques.
Manon et ma mère envisagent aussi d’assister aux quarts de finale et aux demi‑finales (elles seront de retour au Canada pour la finale), mais elles attendront de savoir dans quels matchs jouera le Canada avant d’acheter. Dave et moi avons déjà nos billets pour les deux demi‑finales, et nous attendons l’horaire des quarts pour en acheter d’autres. Un seul des quatre quarts de finale de hockey féminin tombe pendant nos quarts de bénévolat, espérons que le Canada ne jouera pas pendant ce match!
Nous espérons aussi assister à un match préliminaire de hockey masculin (les seuls abordables), mais nous attendons que les matchs impliquant le Canada soient mis en vente. En regardant le site officiel, c’est évident qu’ils savent très bien quelles équipes les gens veulent voir : aucun problème pour trouver des billets pour SUI–FRA, mais CZE–CAN? Même pas affiché!
Les choses se confirment
Le 7 janvier, j’ai reçu un courriel qui clarifiait tout : Le quart du 4 février est la répétition générale et le quart du 6 février est pour la cérémonie d’ouverture. Je devais confirmer ma disponibilité complète pour les deux quart de travail. Dave et moi avons eu une autre courte discussion, mais la conclusion était la même : je veux être dans les Jeux. Nous avons donc re-confirmé notre présence.
Le 8 janvier, tout est devenu encore plus vrai : j’ai reçu un courriel m’invitant à prendre rendez‑vous pour récupérer mon uniforme de bénévole. Les dates disponibles étaient toutes en janvier, et comme nous arrivons seulement le 28, nous avons choisi le 29. Voici un aperçu de l’uniforme — j’en montrerai plus dans la Partie 4 quand j’aurai le mien. (Photo trouvée sur Facebook.)

Le 9 janvier, un autre courriel est arrivé : une invitation à une séance de formation au Stade olympique le 28 janvier à 13 h. Ce n’était pas obligatoire, mais présenté comme une occasion unique de découvrir le lieu, rencontrer l’équipe et recevoir les informations essentielles pour la cérémonie. Le seul problème? Nous atterrissons à Milan à 10 h ce même jour, après un vol de nuit depuis Montréal. Si le vol est à l’heure, si la douane est rapide, et si nous trouvons où laisser nos bagages (interdits sur le site), nous pourrions y arriver. Y arriverons‑nous? Réponse dans la Partie 4!



Comments