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Les motos et moi... Partie 1

Aug 6
5 min read

Updated: Aug 7


Par une sorte de miracle, j’ai survécu à un accident de moto le 31 juillet 2026. J’étais passagère sur une moto qui a été percutée par l’arrière sur l’autoroute 401. Des deux occupants, j’ai été la moins gravement blessée.


Lorsque j’ai commencé mon blogue sur la retraite, je n’aurais jamais imaginé que les motos deviendraient un sujet sur lequel j’allais écrire. La vie en a toutefois décidé autrement. Aujourd’hui, je ressens le besoin de raconter mon histoire de motos. Ce n’est pas une longue histoire, mais c’est une histoire qui mérite d’être racontée.


La première fois que je suis montée sur une moto, c’était au début des années 2000. J’avais alors presque trente ans. J’étais à Québec lorsqu’un ami m’a offert de me conduire au centre d'achats. Je me suis installée à l’arrière, j’ai passé mes bras autour de sa taille et nous sommes partis.


Dès que nous sommes entrés sur l’autoroute, je me suis sentie tout sauf en sécurité.

Je me sentais exposée. Vulnérable. Chaque rafale de vent me paraissait plus forte qu’elle ne l’était réellement. Pendant presque tout le trajet, une seule question tournait dans ma tête : Et si je tombais ?


Pourtant, tellement de gens que je connaissais et appréciais conduisaient des motos. Pourquoi en avais-je si peur ? La réponse était probablement simple : j’avais entendu trop d’histoires et vu trop de conséquences. L’une de ses histoires concerne un ancien militaire qui venait tout juste de prendre sa retraite. Il parcourait les États-Unis à moto avec son épouse lorsqu’il a perdu la vie sur une route rurale d'Arizona. Une autre histoire implique un collègue dont la moto a été percutée de côté lors d’un voyage de recherche de domicile; l’accident a failli le laisser paralysé. Il a dû réapprendre à marcher. J’ai beaucoup d’autres histoires. Pour être honnête, presque tout le monde semble connaître au moins une personne dont une balade à moto s’est mal terminée. Alors pourquoi accepter volontairement un tel risque ?


Après cette première expérience à Québec, plusieurs années se sont écoulées avant que je remonte sur une moto. Heureusement pour moi, mon premier mari, James, n’avait aucun intérêt pour les motos. Le sujet revenait donc rarement dans nos conversations. Tout a changé en 2021.


Après mon divorce avec James, j’ai commencé à fréquenter un ancien collègue et ami nommé Dave. Dave était un passionné de moto. Il avait possédé des motos dans sa jeunesse, avait failli perdre la vie sur l’une d’elles dans la vingtaine puis, après une pause de trente ans, était remonté en selle. Alors qu’il approchait de la soixantaine, il roulait encore fièrement sur une Harley-Davidson Fat Boy.


Notre premier rendez-vous eut lieu le 5 août 2021, et un deuxième était déjà prévu pour le 12 août. Apparemment, attendre une semaine entière était trop demander à Dave.

Le 7 août, il m’a appelée pour m’expliquer qu’il se rendait à une célébration de la vie à Trenton et qu’il aimerait que je l’accompagne. Non seulement il m’invitait à un événement un peu particulier où je ne connaissais absolument personne, mais il souhaitait également que je m’y rende assise à l’arrière de sa Harley. Encore aujourd’hui, je ne sais pas vraiment ce qui m’a poussée à accepter... ni à le faire vêtue d’une robe d’été !


Et pourtant, me voilà, montant à l’arrière d’une Harley-Davidson Fat Boy avec ma robe légère et un casque qui ne me faisait pas du tout. Comme nous étions en retard, Dave a choisi l’autoroute. C’est là que les choses sont devenues intéressantes. Ou, pour être plus précise, misérables. Mes lunettes étaient de travers et s’enfonçaient douloureusement dans les côtés de ma tête. Le vent fouettait ma robe. Je m’agrippais à Dave comme si ma vie en dépendait tandis que nous roulions sur l’autoroute 401 à 100 km/h. Je me souviens des gens dans les voitures qui nous dépassaient et qui nous regardaient fixement. Certains passagers semblaient même faire des commentaires. Je ne pouvais pas entendre ce qu’ils disaient, mais leurs expressions faciales étaient éloquentes. « Cette femme a complètement perdu la tête. »


Aujourd’hui, Dave rit encore de cette balade. Il raconte que chaque fois qu’il me voyait dans son rétroviseur, il se disait : « Mon Dieu, elle n’est pas heureuse. C’est certainement notre dernier rendez-vous. » Heureusement pour lui, nous sommes arrivés à destination en un seul morceau.


Le trajet du retour fut beaucoup plus agréable. Nous avons emprunté des routes pittoresques plutôt que l’autoroute 401, et j’ai même commencé à apprécier l’expérience... jusqu’à ce que le ciel s’ouvre et déverse une pluie torrentielle. Étrangement, ce moment m’a rappelé Les pages de notre amour (The Notebook), lorsque Noah et Allie se retrouvent après plusieurs années et se font surprendre par la pluie lors d’une promenade en barque. Nous savons tous comment cette histoire s’est terminée... Mais je m’égare.


Dave avait tort. Ce n’était pas notre dernier rendez-vous. En fait, deux ans et deux mois plus tard, nous étions mariés. Dave savait que les motos me faisaient peur. Il s’est appliqué à me convaincre que la Fat Boy était une moto relativement docile et qu’il était un conducteur prudent et défensif. Il m’a même acheté un casque parfaitement ajusté.

Peu à peu, j’ai recommencé à monter derrière lui.


Moi et le Fat Boy lors d'une randonnée à Belleville.                                                                                       (Notez le casque à gauche, cadeau de départ de Dave lorsqu'il commandait le GSOIFC)
Moi et le Fat Boy lors d'une randonnée à Belleville. (Notez le casque à gauche, cadeau de départ de Dave lorsqu'il commandait le GSOIFC)

Entre 2021 et 2026, j’ai probablement roulé avec Dave une demi-douzaine de fois. Ce n’est pas beaucoup, mais cela reflétait bien notre relation avec les motos : c’était sa passion. Je la tolérais. Je ne serais jamais une « biker ».


Il y a deux ans, Dave a décidé que la Fat Boy avait fait son temps. C’était une excellente moto pour les courtes randonnées, mais elle n’était pas conçue pour les voyages de longue distance. Dave avait encore quelques aventures inscrites sur sa liste de rêves, et la Fat Boy n’était tout simplement pas faite pour cela. À l’automne 2024, il l’a donc vendue et s’est mis à la recherche d’une Harley de tourisme : une moto conçue pour le confort, les longues distances et, peut-être plus important encore, pour rendre la passagère plus heureuse.


L’histoire de la façon dont il a trouvé sa prochaine moto pourrait remplir un chapitre à elle seule, mais je vais vous en donner la version abrégée. Après avoir vendu sa Fat Boy, Dave a passé une bonne partie de son temps libre sur AutoTrader à la recherche de la Harley de tourisme parfaite. Nous sommes même allés à Toronto pour examiner quelques modèles prometteurs. Les motos étaient belles, mais Dave trouvait toujours quelque chose qui lui déplaisait. Jusqu’à ce que nous découvrions la moto de rêve.


Pour comprendre cette moto de rêve, il faut revenir en 2018. À cette époque, Dave menait une vie très différente et était marié à une autre femme. Un jour, il est tombé sur une Harley-Davidson CVO Ultra Limited Édition spéciale du 115e anniversaire neuve, de couleur bleue. Pour un amateur de Harley, c’était le Saint Graal. Malheureusement, il n’avait aucun moyen de justifier un achat aussi important. La moto est donc demeurée un rêve : celle qu’il espérait posséder un jour, peut-être à sa retraite, avec son indemnité de départ...


Avançons maintenant de six ans. Remarié et parcourant des annonces de motos, Dave est tombé sur un exemplaire usagé de ce même modèle. « Il n’y a aucune chance que je puisse me permettre ça », m’a-t-il dit. Je l’ai regardé et je lui ai répondu : « Tu ne rajeunis pas. Tu es en santé, tu roules encore et, si c’est vraiment la moto de tes rêves, tu devrais l’acheter. Je peux même contribuer. » L’expression sur son visage n’avait pas de prix. Il ressemblait à un enfant le matin de Noël. À partir de ce moment-là, sa mission était claire : trouver la meilleure offre possible pour la moto de ses rêves.


Et c’est ainsi que Dave s’est pratiquement retrouvé à acheter trois motos en une seule semaine !


À suivre...


 
 
 

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