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Dave aux soins intensifs et détails administratifs - Partie 6.

Aug 15
6 min read


Il était 6 h 03, je venais tout juste d’être libérée de l’urgence et je suis sortie dehors, espérant retrouver Dave. Le soleil commençait à se lever, l’air était frais, et le moment avait une beauté inattendue, tout cela amplifiait mon sentiment de soulagement et de gratitude de pouvoir sortir pratiquement indemne après ce qui s’était produit quatorze heures plus tôt.


En tournant à droite et en avançant, j’ai réalisé que je ne voyais aucune autre entrée et j’ai décidé qu’il serait plus sage de retourner par la porte d’accès de l’urgence pour demander des directions. Je me suis arrêtée au comptoir du garde de sécurité que j’avais, pour une raison obscure, manqué en sortant. Le garde m’a indiqué que je pouvais atteindre l’Unité de soins intensifs (USI) facilement à partir d’ici. J’ai aussi demandé où je pouvais trouver de la nourriture, prête à mettre fin à mes seize heures (et plus) de jeûne. Il m’a mentionné que seul le Second Cup était ouvert à cette heure‑ci; je n’avais aucune intention d'être difficile. (Ou "daf" comme dirait mon cher père qui aime inventé des mots!)

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En marchant vers le bloc de l’USI, j’ai reçu un texto de Dave. Il était réveillé et voulait savoir si j’avais été libérée. J’ai répondu oui et lui ai dit que j’étais en route. Il a insisté pour que je m’arrête manger d’abord — ce que j’ai fait.


Depuis le Food Court du rez‑de‑chaussée, la chambre C5‑59 (celle de Dave) était facile à trouver. Dave se trouvait dans une chambre standard de trois lits, occupant celui du fond à droite, près d’une fenêtre donnant sur un mur de l’hôpital. Cette fois, nos retrouvailles se sont déroulées un peu plus comme je l’avais imaginé. La première chose qu’il a dite fut : « Je pense que mes jours de moto sont derrière moi. » J’ai accueilli ce commentaire avec soulagement, heureuse de voir qu’il semblait avoir retrouvé ses esprits.


Rien de particulièrement notable ne s’est produit ce matin‑là. On nous a dit que Dave resterait à l’USI pendant deux à trois jours pour observation et examens supplémentaires. Il était visiblement mal en point, incapable de se bouger ver la gauche ou la droite, ou de se soulever dans le lit sans une douleur atroce. Inutile de dire qu’il ne pouvait pas se lever pour aller uriner et qu’on lui avait donné un de ces gobelets en carton absorbant — un sauveur, selon Dave.

C5- Chambre 59, Lit #2, l'emplacement de Dave.
C5- Chambre 59, Lit #2, l'emplacement de Dave.

Le personnel de l’USI était compatissant et toujours prêt à aider. Il en allait de même pour les ambulanciers et le personnel de l’urgence. Dave et moi avons été sincèrement impressionnés par tous les professionnels de la santé que nous avons rencontrés durant cette épreuve. Si le système médical ontarien est brisé, cela ne s’est certainement pas vu pendant notre séjour. Ai‑je attendu beaucoup plus longtemps que je ne l’aurais souhaité à l’urgence? Bien sûr, mais je n’avais aucune idée de qui d’autre avait besoin de soins cette nuit‑là. Pouvais‑je attendre des heures pour un scan, avec des plaies qui suintaient et sans nourriture? Oui, surtout si cela permettait au personnel de s’occuper de quelqu’un dont la vie était en danger. Tout cela pour dire : nous avons été profondément impressionnés par nos soins et rarement aussi heureux de payer des impôts.


Revenons au premier matin de Dave à l’USI, qui fut largement sans événement. Il pouvait à peine bouger et recevait des analgésiques (y compris de la morphine) toutes les quatre heures. Son menton en sang n'avait toujours pas été nettoyé. Finalement j'ai décidé de le nettoyer moi-même, le lendemain.



Ce matin là, j’ai pris le temps de contacter les deux gîtes que nous avions réservés dans la région de Niagara pour les informer que nous ne pourrions pas venir. Les deux avaient été réservés à la dernière minute, avec une politique de non‑annulation, alors je présumais que nous ne récupérerions pas notre argent. Heureusement, j’avais réservé avec notre carte VISA Infinite, qui inclut une couverture d’annulation de voyage, alors j’espère pouvoir récupérer une partie des frais. (La réclamation est maintenant soumise, et je partagerai le résultat lorsque je l'aurai.)


Après avoir contacté les gîtes, j’ai communiqué avec la billetterie du Festival Shaw. Leur politique d’annulation est assez souple : ils permettent une annulation contre un crédit valable pour la même saison, tant que l’on les contacte vingt‑quatre heures avant la représentation. J’ai expliqué notre situation, et ils ont été incroyablement compréhensifs. Vu les circonstances, ils ont offert de mettre un crédit sur notre dossier sans limite de temps. En d'autre mots nous n’avons pas à l’utiliser cette saison et pouvons l’appliquer à n’importe quelle production future. Cela m’a rendue vraiment heureuse, car je n’étais pas optimiste quant à notre capacité d’assister au festival avant la fin de la saison 2026, le 4 octobre.


Comme Dave devait rester à l’USI pendant deux à trois jours, je devais trouver un endroit où loger. Ma fille Ann a un appartement à Toronto pour l’été, mais elle était partie pour le week‑end, et son logement se trouvait à au moins une heure de l’hôpital. Il est aussi très petit, avec deux colocataires très jeunes. J’ai décidé que ce serait mon plan B et j’ai commencé à chercher des hôtels à proximité. Aucun n’était à distance de marche, et tout ce qui était relativement proche était outrageusement cher. Il faut dire que je cherchais un hébergement de dernière minute à Toronto, un samedi de longue fin de semaine. Il y avait des options, si j’étais prête à payer 600 $ et plus par nuit. C’est alors que je me suis tournée vers ma plateforme préférée : Home Exchange. Ceux qui ont lu mon blogue sur les Jeux olympiques se souviendront de comment cette plateforme m’a permis d’économiser des milliers de dollars à Milan. Il était temps de voir si HE pouvait me sauver une fois de plus.


J’étais tellement à la dernière minute que je n’ai même pas contacté les gens qui offraient leur maison entière. J’avais besoin d’un endroit le jour même, et la plupart des hôtes ne seraient pas prêts à quitter immédiatement. J’ai donc contacté deux personnes offrant une chambre privée (HE appelle cela la « formule hospitalité »). J’ai expliqué la situation et croisé les doigts. En quelques heures, une femme incroyable vivant à East York a accepté ma demande, répondant : « Je serais ravie de vous accueillir; j’ai juste besoin d’un peu de temps pour ranger puisque c’est très dernière minute. Vous êtes d’accord avec la présence d’un chien dans la maison, n’est‑ce pas? » J’adore les chiens; alors c’était réglé! Je lui ai dit que je n’arriverais qu’après le souper, ce qui lui laissait amplement de temps pour préparer. (Pas que j’en avais besoin. Avec mes deux heures de sommeil, j’aurais pu m’endormir n’importe où!)


Avec l’hébergement réglé, ma priorité suivante était les vêtements. Je portais encore des pantalons de pluie trop grands (qui ressemblaient plutôt à des pantalons de neige sur moi) et une chaussure dont les lacets étaient arrachés. Ajoutez à cela une chemise Harley‑Davidson qui ne faisait que me rappeler l’accident; il était définitivement temps d’aller magasiner.


Avant de parler de la séance de magasinage, je veux partager avec vous ma résolution du Nouvel An 2026 et comment elle est née. Ma résolution : ne pas acheter de vêtements pendant toute l’année 2026. Pourquoi? Parce que dans les derniers jours de 2025, en faisant le tri dans ma garde‑robe, j’ai réalisé que je possédais beaucoup trop de vêtements. En déposant des articles dans un sac de dons, j’ai été ramenée à ma marche entre Porto et Saint‑Jacques‑de‑Compostelle quelques mois plus tôt, où j’avais vécu deux semaines avec un sac à dos contenant deux paires de pantalons et trois hauts. Je n’avais vraiment pas besoin de plus de vêtement. L’ironie, c’est que lorsque Dave et moi nous sommes arrêtés pour notre pique‑nique à Napanee, quelques heures avant l’accident, je lui ai dit que j’étais fière de moi, qu’on était presque en août et que je n’avais pas acheté un seul vêtement de l’année. Et pourtant, vingt‑quatre heures plus tard, j’étais dans un Uber en direction du Winners.


Avant d’aller chez Winners, j’ai tenté de localiser la moto pour récupérer mes vêtements restés dans une sacoche attachée à la Harley. J’ai d’abord appelé la police de Toronto, pour me faire dire que tout ce qui se passe sur la 401 relève de la PPO. Quand j’ai appelé la PPO pour savoir où la Harley avait été remorquée, la réceptionniste m’a dit que l’agent responsable de notre dossier n’était pas en service et que quelqu’un me rappellerait sous peu. Personne n’a rappelé, alors j’y suis allée magasiner, brisant ma résolution du Nouvel An pour la première fois. Je suis tout de même fière de l’avoir tenue pendant sept mois; j’ai fait bien mieux qu’avec ma deuxième résolution : rester loin de Facebook pour l’année! lol.


J’ai acheté trois hauts, une paire de pantalons, une paire de chaussures, et je suis retournée à l’hôpital avec une des bleuets (les fruits préférés de Dave) achetée chez Farm Boy. Quand je suis arrivée au lit de Dave, il était vide. « Ils l’ont amené pour des radiographies », m’a dit sa colocataire. Alors j’ai attendu…


À suivre...


 
 
 

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