Mon 5e Quart et Sidney! - Partie 11
- Isabelle Morin
- Feb 15
- 5 min read
Updated: Feb 18
Mon cinquième quart de travail à l’aréna s’annonçait compliqué. D’abord, je prévoyais m’éclipser pendant une trentaine de minutes vers 14 h et, ensuite, Dave et moi espérions partir plus tôt (18 h 30 au lieu de 19 h 30). Je devais m’absenter parce que, grâce à la femme de mon cousin, j’avais été mise en contact avec la station de radio de ma région natale (la Beauce). Ils voulaient m’interviewer au sujet de mon expérience comme bénévole aux Jeux olympiques. Et nous voulions quitter tôt parce que nous avions des billets pour le match de hockey masculin ce soir‑là (Canada VS Suisse). Le match était à 21 h 10, mais il nous fallait au moins deux heures et demie pour rentrer à la maison, nous changer, manger et nous rendre à l’aréna Santa Giulia, à l’autre bout de la ville.
Nous sommes arrivés pile à l’heure pour l’enregistrement, à 11 h 30, et avons immédiatement informé les superviseurs que nous devions partir tôt. Ils nous ont assuré que ce ne serait pas un problème et que tout devrait être terminé à ce moment‑là de toute façon. Ils ne nous ont pas assigné de rôles tout de suite et nous ont plutôt dit d’aller manger, précisant qu’il serait plus simple de distribuer les tâches à 12 h 30 lorsque tout le monde serait présent. À notre retour, nous avons répété que nous étions prêts à faire n’importe quel travail, tant que nous pouvions partir à 18 h 30. Pour un deuxième quart consécutif, nous avons été assignés à l’entrée Ouest, à l’extérieur de l’aréna. Il y avait aussi du hockey à Rho ce jour‑là, donc le point d'entré avait été déplacé plus près du bâtiment par rapport à mon premier quart à cet endroit.
Comme je devais m’éclipser à 14 h, je n’ai pas offert de scanner les billets cette fois‑ci. Je voulais un rôle plus discret, alors je suis restée avec les « accueillants généraux » (les bénévoles qui indiquent simplement aux spectateurs où aller). J’ai aussi fait en sorte que Dave soit posté avec moi pour qu’il puisse me remplacer pendant mon entrevue. Les portes ouvraient à 14 h, comme l’affluence était encore faible à cette heure‑là, j'ai pû partir pour 30 minutes et cela n’a posé aucun problème.
L’entrevue avec la station de radio a été vraiment agréable. Ils voulaient savoir comment j’étais devenue bénévole aux Jeux et m’ont demandé de décrire mon expérience. Ils étaient aussi très touchés par le fait que Dave et moi vivions cette aventure ensemble. Je leur ai avoué, qu'au départ, Dave n’avait pas été d'un grand soutien lorsque je lui ai parlé de mon rêve olympique, mais qu’il a rapidement changé d’avis, et qu’il adore maintenant l’expérience autant que moi. Nous avons aussi parlé de ma rencontre avec MPP lors de la cérémonie d’ouverture (bien sûr!). L’entrevue est seulement en français, voici le lien si ça vous intéresse; faites défiler jusqu’au segment du 13 février.
Dès que l’entrevue s’est terminée, je suis retournée en vitesse à l’endroit où Dave se tenait. Je n’y suis pas restée longtemps. Un bénévole responsable m’a rapidement déplacée juste après les scanners de billets, où nous devions diriger les spectateurs vers l’escalier mécanique menant à l’aréna. C’était enfin mon tour de porter la fameuse grosse main en mousse! Pendant deux heures, j’ai dansé au rythme de la musique pop qui jouait derrière moi et j’ai crié « Par ici! Par ici! » en pointant l’escalator. Apparemment, j’ai bien fait ça...Deux superviseurs et plusieurs spectateurs m’ont complimentée. « Tu es vraiment à la bonne place », m’a dit ma superviseure immédiate. J’ai été filmée et photographiée par d’innombrables personnes. Ça a renforcé ma conviction que la vie est vraiment ce qu’on en fait.

Une fois la majorité des spectateurs arrivés, on nous a dit que Dave et moi serions réaffectés à l’intérieur de l’aréna. J’étais ravie mais, comme vous pouvez l’imaginer, j’ai pris soin de rappeler à tout le monde que nous devions partir à 18 h 30. « Bien sûr! », nous a‑t‑on répondu. Nous sommes donc entrés dans l’aréna. Notre première tâche? Aller à l’intérieur et regarder trois paires de patineurs. Nous avons pu voir Ted‑Jan Bloemen (même s’il n’a pas atteint le podium). Après la course, j’ai dit à Dave : « Si je paie un jour pour voir du patinage de vitesse, ce ne sera certainement pas le 10 000 m. C’est tellement long… »
Après la dernière paire, notre nouvelle superviseure nous a dit de la suivre immédiatement; elle avait besoin de nous à un point de contrôle critique. Nous avons obéi. Le poste était à l’extérieur, entre l’aréna et le passage menant au métro. Pendant 40 minutes, nous avons regardé les spectateurs sortir lentement, tandis que je surveillais ma montre pour être certaine que nous partirions à temps. À 18 h 22, une superviseure est venue nous dire : « Je suis là pour vous! Je sais que vous devez partir à 18 h 30 et je vous remplacerai dès que vous partirez. » Parfait. Le message c'était passé! Ou du moins, c’est ce qu’on croyait…
Moins de trois minutes plus tard, deux autres superviseurs sont arrivés en urgence, et la personne qui devait nous remplacer est partie avec eux sans dire un mot… Oups! 18 h 30 est arrivé… puis 18 h 33… et personne n’était venu nous relever. J’ai dit à Dave : « Deux minutes de plus. » À 18 h 35, les spectateurs continuaient de sortir, mais toujours aucun remplaçant. Cela dit, il y avait deux autres bénévoles à notre poste, et absolument tout le monde savait que nous devions partir. Alors nous sommes partis.
Le cadeau de Saint‑Valentin de Dave (en avance)
Depuis le début de notre aventure olympique, Dave voulait absolument voir au moins un match de hockey masculin. Lors de la prévente en février 2025, les billets de hockey masculin n’étaient pas encore disponibles, et nous avions vu qu’il y aurait éventuellement des sièges à 30 euros (catégorie C) et 80 euros (catégorie B). Nous avons donc attendu et vérifié le site de billets régulièrement (et tous les jours une fois arrivés en Italie). Ces billets à 30 et 80 euros n’ont jamais été mis en vente. Même ceux à 190 euros étaient introuvables! Je savais à quel point Dave voulait voir Sidney Crosby jouer pour le Canada, alors j’ai cherché le meilleur site de revente non officiel en Italie (Ticombo). Plus de 200 euros pour des sièges pas extraordinaires mais l’important, c’est que nous avons vu Sidney! Et il a même marqué un but pour Dave. :)

Une chose intéressante à propos de ce match : la quantité impressionnante de partisans suisses dans les gradins. Jusqu’alors, je n’avais pas réalisé que la Suisse n’est qu’à environ une heure de route de Milan, ce qui rend le déplacement très facile et peu coûteux pour les fans. Les Suisses ont aussi leur propre chant « Olé Olé » que je n’avais jamais entendu auparavant, et il résonnait fort dans l’aréna ce soir‑là. Malgré l’ambiance très suisse, le Canada a gagné. C’était la façon parfaite de passer la veille de la Saint‑Valentin.



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