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Mon rôle principal- Partie 8

Updated: Feb 18



Le 7 février, après une très courte nuit, j’ai effectué mon premier quart de travail à l’Aréna de patinage de vitesse (longue piste) au Centre de Foire Rho. Comme Dave n’était pas de service ce jour‑là, j’y suis allée seule. Dès que je suis sortie du métro, j’ai cherché quelqu’un habillé comme moi pour le suivre. Ce fut facile : nous étions au moins une vingtaine à marcher dans la même direction. Le trajet du métro jusqu’au point d'enregistrement du personnel est au moins un kilomètre de long, peut‑être plus, ce qui m’a donné amplement le temps pour discuter avec les autres. C’est ainsi que j’ai rencontré Étienne, de France; nous sommes immédiatement passés au français et avons continué ensemble.


Le long chemin entre le metro et l'aréna. Une bonne chose: il y a plusieurs tapis roulant comme celui-ci!
Le long chemin entre le metro et l'aréna. Une bonne chose: il y a plusieurs tapis roulant comme celui-ci!

L'enregistrement a été rapide et efficace. Ils ont scanné mon accréditation, m’ont envoyé un ticket de repas par courriel, puis dirigée vers la « station cadeaux », où l’on vous demande combien de quarts on a effectués (et bien sûr, ils vérifient dans leur système). Les bénévoles reçoivent un cadeau après leur 1er, 3e, 5e, 9e et 15e quart. Comme j’avais déjà travaillé deux quarts à la Cérémonie d’ouverture, j’en recevais deux ce jour‑là. Le premier est une épinglette (un pin); le second, une tasse isotherme.


Après la station cadeaux, Étienne et moi avons été envoyés à la salle de réunion, où l’on nous a dit d’aller manger et de revenir à 12 h 30. Comme nous ne savions pas où aller, ils ont demandé à quelqu’un qui connaissait les lieux de nous guider. C’est ainsi que nous avons rencontré Adriano, d’Espagne. J’étais ravie : cela me donnait l’occasion de pratiquer mon espagnol. Le repas était vingt fois meilleur que la boîte repas du stade : un repas chaud, des places assises, et tout était bon… sauf le café, tellement dilué que je l’ai vidé dans la fontaine. À 12 h 25, les trois mousquetaires (comme Étienne avait commencé à nous appeler) sont retournés à la salle de réunion. Nous avons fait la file pour recevoir un autocollant à apposer sur notre accréditation, qui déterminait notre groupe. J’ai eu un point orange (Adriano aussi), sans trop savoir ce que cela signifiait. Une fois que j’ai trouvé les autres points orange, on nous a déplacés à l’intérieur même de l’Aréna.


Je dois maintenant parler de l’Aréna. Comme plusieurs installations de Milano Cortina, l’Aréna de patinage de vitesse est temporaire. Pour construire un site couvert assez grand pour une piste de 400 mètres et des gradins pour 6 500 spectateurs, il fallait un bâtiment existant suffisamment vaste. Alors oui : ils ont construit une immense patinoire à l’intérieur d’une structure déjà existante. De l’extérieur, cela ressemble à un énorme rideau de plastique pas très joli. Mais une fois qu’on traverse le plastique découpé et qu’on monte quatorze marches, on se retrouve soudainement projeté en plein cœur des Jeux olympiques. C’est à la fois surréaliste et impressionnant.


Revenons à mon rôle. La plupart des groupes comptent une trentaine de bénévoles, supervisés par un membre du personnel rémunéré, puis divisés en trois sous‑groupes dirigés par un « Bénévole responsable », un bénévole choisi pour mener l’équipe. Je ne sais pas comment ils les sélectionnent, mais ce n’est probablement pas basé sur leur niveau d’anglais! (Dave ajouterait : ni sur leur compétence, lol). Notre superviseur avait deux talkies‑walkies à assigner à des points de contrôle importants et cherchait des volontaires pour les prendre. Encore fatiguée de la Cérémonie d’ouverture, je voulais observer avant de m’engager, alors j’ai décliné. J’ai ensuite été présentée à ma bénévole responsable, Mylène, qui a envoyé deux d’entre nous nous poster près de la grande entrée en plastique à la porte A04/A03. J’y suis allée avec Rachel, une Américaine travaillant à Milan pour Deloitte, un des commanditaires olympiques. C’est ainsi que j’ai appris que certains bénévoles obtiennent leur place par l’entremise de leur employeur. Jusqu’ici, j’ai rencontré des bénévoles de Salomon et de Deloitte — Salomon paie même l’hébergement et les repas.


La compétition du jour était le 3 000 m féminin. Mon premier quart a été facile. Comme les spectateurs entraient à la porte A14, lorsqu’ils arrivaient jusqu’à A04/A03, ils savaient déjà qu’ils étaient au bon endroit. S’ils ne posaient pas de questions, nous n’avions qu’à sourire. Nous ne vérifiions pas les billets (cela se faisait à l’entrée du bâtiment), mais plusieurs les montraient quand même pour se rassurer. La question la plus fréquente était « Où sont les toilettes? » — facile, elles étaient juste en face. Lors de mes prochains quarts, bien des questions resteront sans réponse… mais vous lirez cela dans la partie 9. Une dame cherchait des ciseaux — je l’ai envoyée au poste médical.


La meilleur chose avec mon quart de travail c’est qu’à mi‑course, je changeais de poste pour aller à l’intérieur de l’aréna et regarder la deuxième moitié de la compétition. Si vous connaissez un peu le patinage de vitesse, vous savez que c’est la moitié à ne pas manquer. Une petite recherche Google m’a appris que deux Canadiennes patinaient dans les dernières paires : Valérie Maltais (8e paire) et Isabelle Weidemann (10e et dernière paire). Avec deux Canadiennes parmi les six dernières patineuses, nos chances de médaille étaient bonnes.


À la mi‑temps, je suis montée dans l'aréna. Comme tout le monde était assis depuis plus d’une heure, je n’avais pratiquement rien à faire, ce qui signifiait que je pouvais profiter pleinement de la course. Quand Valérie Maltais a enfin pris le départ, elle était jumelée à une Italienne. On pourrait croire que l’Italienne serait la favorite du public, mais un simple coup d’œil aux gradins racontait une autre histoire. C’était une mer d’orange! Pour ceux qui ne le savent pas, Orange est le nom de la famille royale des Pays‑Bas, et les Néerlandais sont des fans immenses (pour ne pas dire démesurés) de patinage de vitesse longue piste. On aurait dit que 80 % du stade avait été peint en orange. Quant à la course : l’Italienne, Francesca Lollobrigida, fêtait ses 35 ans ce jour‑là. Et comme vous le savez maintenant, elle a gagné en battant un record olympique, tandis que Valérie remporta le bronze. Lorsqu’on a annoncé la médaille de Valérie, j’ai vérifié sur Google si c’était la première médaille du Canada à ces Jeux. C’était le cas. Je suis restée pour la cérémonie, mais heureusement qu’il y avait l’écran géant, impossible de voir quoi que ce soit au centre d’une patinoire aussi vaste.


Je suis une des chanceuses qui a été témoin, en direct et sur place, de la première médaille Canadienne des Jeux de Milan-Cortina!
Je suis une des chanceuses qui a été témoin, en direct et sur place, de la première médaille Canadienne des Jeux de Milan-Cortina!

Après la cérémonie, nous avons aidé à vider le stade. Tout le monde devait être dehors en 30 minutes. Dans ma section, ceux qui tardaient le plus étaient surtout des Canadiens, alors j’ai sorti ma « voix de sergent‑major » pour lancer vers le haut des gradins : « Tout le monde doit sortir — même les Canadiens! » Ce qui a fait rire quelques personnes. Plusieurs voulaient une photo rapide au bas des gradins, avec la patinoire vide mais majestueuse derrière eux, alors je suis devenue photographe improvisée.


Une fois l’aréna vide, nous avons eu un court débriefing avec Mylène, puis j’ai entrepris la longue marche vers le métro. Je me suis arrêtée en voyant un groupe de Canadiens qui semblaient attendre quelqu’un (c’était la famille et les amis d’Isabelle Weidemann). Après avoir échangé une pin avec son beau-frère, je ne suis pas restée pour la rencontrer. (Plus à venir sur l'échange des pins dans les prochaines publications)


Dans le métro, je me suis assise en face d’un groupe de supporters néerlandais. Je ne me souviens plus comment la conversation a commencé, mais je leur ai dit que j’étais désolée pour leur résultat. Ils m’ont répondu : « Pas autant que nous. » Leur favorite, Joy Beune, n’était même pas montée sur le podium. L’un d’eux m’a dit qu’ils étaient tellement convaincus qu’elle gagnerait que même le roi des Pays‑Bas était présent. Voilà ce que j’appelle de vrais fans.


Je suis rentrée ce soir‑là, fatiguée mais exaltée, déjà impatiente de découvrir mon prochain quart. Peu importe ce que ce serait, je savais que je serais heureuse — j’avais eu la chance d’être témoin de la première médaille du Canada aux Jeux.


 
 
 

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