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Ça fait mal...

Updated: Feb 23



Je me suis réveillée heureuse ce matin, mais pas entière. J’avais l’impression qu’un morceau de mon cœur était resté dans cette aréna. Comme si le vrai bonheur était impossible, parce qu’hier j’ai vu une équipe s’approcher tellement près d’une médaille d’or qu’elle pouvait presque la goûter… et pourtant, elle s’est envolée. Hier, j’ai senti une moitié d’aréna basculer : passer d’une attente de domination américaine à une croyance soudaine, profonde, qu’un miracle était possible. Trois minutes avant la fin, certains devaient déjà tendre la main vers leur téléphone, prêts à filmer les dernières secondes où les femmes en rouge et blanc allaient réaliser leur propre « miracle sur glace ».


Vous savez comment ça s’est terminé. À deux minutes et demie de la fin, les Américaines ont retiré leur gardienne. J’ai à peine eu le temps de me tourner vers Dave et de dire : « Oh non, c’est trop tôt », que c’était fait. Les Américaines ont marqué un magnifique but, et ce fut le début de la fin.


Vous connaissez la suite : nous avons perdu 2–1 en prolongation. Et pour la première fois de ma vie, j’ai pleuré pour un événement sportif. Vraiment pleuré. Je ne sais pas ce que c’est; comment un « match » peut devenir une partie de toi... Comment une défaite peut ressembler à une blessure sur ton propre cœur? Je ne joue même pas au hockey! Je ne sais pas si c’est mon premier degré de séparation avec Marie‑Philip qui rend tout ça plus difficile, ou simplement le fait d’être là, en direct, au moment où tout se joue. Peu importe ce que c’est, je dis merci. Quelle chance j’ai de pouvoir ressentir quelque chose avec autant de passion!


Dave et moi avons eu la chance d’être la voix des Canadiens après le match, en direct de l’aréna, dans l’émission As It Happens de CBC Radio. Quand l’animatrice m’a demandé si ça valait la peine d’être là en personne malgré la défaite, j’ai presque répondu : « Vous plaisantez? » Être là était surréaliste. Imaginez deux nations qui ne sont pas exactement en excellents termes en ce moment, assises côte à côte, unies par le sport. Les deux veulent tellement que leur équipe gagne, mais comprennent parfaitement les émotions des partisans de l’autre camp. Dave et moi étions coincés entre deux couples américains, et autour de nous, il n’y avait que du respect. Je criais « Non, non, non! » chaque fois qu’une Américaine s’approchait de notre filet. La femme à côté de moi faisait la même chose quand une Canadienne approchait du leur. Et tout le monde adorait ça, parce que ce match comptait pour les eux. Après le but final, d’innombrables Canadiens félicitaient les partisans américains, et les Américains n’arrêtaient pas de dire : « Je suis tellement désolé… »


Marie‑Philip, si jamais tu lis ceci, sois fière! Tu t’es battue de toutes tes forces. Ce match m’a rappelé la finale des Séries mondiales où les Blue Jays ont mené tout le match avant de perdre à la fin. Mon titre préféré après ce match-là était : « C’est la première fois que je vois l’équipe qui perd, gagner. » Oui, MPP — tu as gagné. Tu as gagné nos cœurs, pour toujours! Tu as rendu le hockey féminin réel dans le cœur des hommes, et Dieu sait qu’on a besoin d’eux aussi pour faire grandir ce sport. Si quelqu’un doute de l’impact que tu as eu, je lui rappellerai cette même Série mondiale : quand Vladimir Guerrero est entré dans son dernier match en portant ton chandail, c’est là que la planète a réalisé que tu es une grande femme

, et que le hockey féminin avait gagné!


Merci, Marie‑Philip.


Drapeau personnalisé par ma soeur Manon pour les jeux.
Drapeau personnalisé par ma soeur Manon pour les jeux.
 
 
 

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